PROMÉTHÉE

 

La Troisième Symphonie de Beethoven, mieux connue sous l’appellation d’Héroïque, figure au cœur de ce programme. Pour la plupart des spécialistes, il s’agit, avec la Neuvième, de la symphonie la plus importante de Beethoven, parce qu’il s’y affranchit définitivement du modèle classique de ses prédécesseurs, Haydn et Mozart. La raison réside probablement dans la thématique de l’œuvre, qui chante les actes héroïques du protagoniste, y compris sa mort. La symphonie est donc empreinte de grandeur et d’allure, qui s’expriment par l’ampleur de la forme (elle est bien plus longue que toutes les symphonies précédentes) et la richesse du son de l’orchestre. On peut affirmer qu’il s’agit là de la première symphonie « romantique ».

Beethoven a baptisé sa symphonie en l’honneur de Napoléon, en qui il voyait un Messie pour une société meilleure et plus juste, mais qui l’a déçu par la suite. Soulignons encore que dans la dernière partie de l’Héroïque, Beethoven renoue avec des thèmes issus du ballet Les Créatures de Prométhée, qu’il avait écrit quelques années auparavant et dont l’ouverture est au programme. L’association du héros de Beethoven avec la figure de Prométhée – le « libérateur des hommes » – confère une dimension supplémentaire à l’allure de cette symphonie.

Entre l’ouverture et la symphonie, le pianiste français émérite François-Frédéric Guy jouera le premier concerto pour piano de Beethoven. Il est considéré comme l’un des pianistes de Beethoven les plus fascinants de sa génération. Son curriculum vitae est impressionnant, avec des références prestigieuses allant de Londres à Washington et de Paris à Moscou. C’est la deuxième fois qu’il réalise une tournée de concerts avec Le Concert Olympique.